Alain Guénolé, artiste peintre
Depuis la fin de mes études aux beaux-arts, je n’ai jamais cessé de peindre. Mon univers pictural se situe à la frontière de la figuration et de l’abstraction, dans une dynamique de mouvement inscrite dans le courant expressionniste.
Élève de l’École des Beaux-Arts de Quimper
J’ai suivi cinq années d’étude. Après avoir validé le cycle probatoire en 1983, j’ai obtenu le DNSEP en 1986, le diplôme de second cycle au sein du département Arts, spécialité peinture.
Influences et orientations artistiques
Mon travail se nourrit de l’expressionnisme, avec des références majeures telles que Georg Baselitz ou Willem de Kooning. Par ailleurs, le cubisme occupe également une place importante dans mon parcours, notamment à travers l’œuvre de Georges Braque et de Picasso. J’y associe aussi l’héritage des impressionnistes, avec Turner et Monet.
J’affectionne les grands formats, à l’image de ceux de Sigmar Polke, Julian Schnabel. J’y trouve un espace dans lequel je peux me mouvoir, développer une gestuelle, une présence physique à l’échelle de mon corps.
Je ne cherche pas à représenter le réel de manière fidèle, mais à susciter une expérience, une émotion ou une réflexion
La peinture expressionniste
La peinture expressionniste est une forme d’art qui privilégie l’expression subjective de l’artiste plutôt que la représentation fidèle du réel. En se basant sur les œuvres de William de Kooning et de Georg Baselitz, elle apparaît comme une peinture du geste, de la tension et de la transformation, où l’image est soumise à l’émotion, au corps et à la matière.
Chez William de Kooning, figure majeure de l’expressionnisme abstrait américain, la peinture se construit dans l’action. Le geste est ample, parfois violent, la touche visible, presque physique. Même lorsqu’il représente des figures, comme dans la série des Women, celles-ci sont fragmentées, déformées, instables. La forme se fait et se défait sous l’effet du mouvement, traduisant un conflit permanent entre abstraction et figuration. La peinture expressionniste, chez de Kooning, est un champ de bataille où la couleur, la ligne et la matière s’affrontent.
Georg Baselitz, quant à lui, renouvelle l’expressionnisme en renversant littéralement les figures. En peignant ses sujets à l’envers, il ne cherche pas à choquer, mais à libérer la peinture de la narration et de l’illustration. La figure demeure reconnaissable, mais perd son sens immédiat. Chez Baselitz, la brutalité du trait, l’épaisseur de la matière et la simplification des formes renforcent l’intensité expressive. La peinture devient un acte instinctif, presque primitif, où l’image est moins importante que l’énergie qui la traverse.
À travers ces deux artistes, la peinture expressionniste se définit comme une pratique où la déformation, l’exagération et la matérialité servent à traduire une expérience intérieure. Elle ne cherche pas la beauté classique ni l’harmonie, mais une vérité émotionnelle. Le tableau n’est pas une fenêtre sur le monde, mais une surface de confrontation entre l’artiste, la peinture et le regard du spectateur.
La peinture contemporaine ne se définit pas par un style unique, mais par une grande diversité d’approches, de techniques et de questionnements.
Bien sûr, elle désigne d'abord l’ensemble des pratiques picturales produites depuis la seconde moitié du XXᵉ siècle jusqu’à aujourd’hui, mais contrairement aux mouvements historiques clairement identifiés, la peinture contemporaine se caractérise par l’absence de règles fixes et par une liberté formelle totale.
Elle peut être figurative, abstraite ou située entre les deux, et intègre souvent de multiples influences : histoire de l’art, culture populaire, sciences, politique, environnement ou expériences personnelles par exemple.
Les artistes contemporains explorent la matière, la couleur, le geste, mais aussi le concept, faisant parfois primer l’idée sur la représentation. La peinture peut ainsi dialoguer avec d’autres médiums comme la photographie, la vidéo, le numérique ou l’installation.
Pour moi, elle témoigne d’une époque en constante transformation, où l’acte de peindre demeure un espace de liberté, d’expérimentation et de remise en question.
Je veux également interroger le regard du spectateur... "Qu'est-ce que tu y vois ?" ; ou bien par exemple, je suis étonné que quelqu'un retourne un tableau, ou le redresse alors que je le voyais en format paysage. Mais on s'approprie mes tableaux, et c'est bien comme ça".