Bas-reliefs : peinture et collages, un attrait pour la matière
Je privilégie les grands formats, principalement sur toile, mais aussi sous forme de bas-reliefs réalisés sur bois, papier ou parfois sur acier. Peinture, sculpture et matière, une démarche d'atelier
Le travail sur les bas-reliefs se situe à mi-chemin entre la peinture et la sculpture, dans ce qui pourrait s’approcher de la demi-bosse. Une référence importante ici est Kurt Schwitters, dont les collages de matières hétérogènes constituent une source d'inspiration directe.
Dans mon atelier le procédé repose sur l'assemblage d'éléments variés — bois, acier, papiers, cartons — collés et fixés sur un support dur, généralement en bois. Mais ce travail ne se limite pas à l'accumulation : il s'agit d'un véritable va-et-vient entre ajout et retrait. On découpe, on colle, on gratte, on incruste, on enlève — laissant des empreintes, des traces, des mémoires de ce qui était là. On ne sait plus si le bois a été rajouté ou ôté, ou encore creusé : c'est précisément cette ambiguïté qui crée le relief et le trompe-l'œil.
La matière picturale elle-même est traitée avec la même logique. Les couches s'accumulent — parfois jusqu'à une trentaine —, séparées par des temps de séchage. Ce sont des glacis superposés dont le résultat dépend entièrement de l'ordre des couleurs : un jaune posé sur blanc ne donnera pas le même effet qu'un jaune posé sur noir. Un seul tableau en contient dix autres, enfouis, mais présents.
Cette approche reflète une conviction profonde : la peinture seule ne suffit pas. Ayant aussi pratiqué la céramique, qui mêle les trois éléments — eau, terre et feu —, la peinture est ici travaillée comme un sculpteur le ferait. Picasso, Miró, Giacometti sont des références assumées.
La géologie inspire également cette démarche : les strates de la terre, les carrières, les cailloux, les couches successives du sol comme autant de modèles d'une pensée de la profondeur et du temps.








